L’histoire

Au commencement, il y a plus de 250 millions d’années, au Trias, une mer recouvrait le Nord Est de la France… Un climat chaud provoqua une évaporation. En s’évaporant, la mer a laissé des dépôts de sel d’une pureté remarquable dans les profondeurs de la terre.
Et comme la nature est bien faite, ces précieux gisements de sel sont parfaitement conservés grâce à une enveloppe protectrice de marnes ou d’argiles imperméables.
Einville-au-Jard est un petit village situé sur le bassin salifère dans le pays du Sânon entre Lunéville et Nancy, où serpente le canal de la Marne au Rhin. C’est en s’intéressant à l’origine des sources naturelles d’eaux salées aux alentours du village que les habitants ont découvert que du sel se trouvait sous leurs pas. Commence alors la ruée vers l’ « or blanc ».
Ouvrir une Saline était alors une activité stratégique sur le long terme puisque le sel était indispensable pour la conservation des aliments.
Toutes les bonnes fées : de l’eau, le sel, une forêt. Il fallait en effet du bois pour chauffer la saumure et en récupérer le sel en l’évaporant. L’exploitation du sel débute alors à Einville au milieu du 19ème siècle. Deux salines s’y implantent dès 1871 :
- La saline Saint Laurent dont la concession s’étend sur 1089 ha et qui exploite une mine de sel gemme avec la saline.
- La saline Sainte Marie (puis d’Einville-Maixe) dont la concession de la Sablonnière s’étend sur 720 hectares sur les territoires d’Einville, Maixe et Serres.
L’activité du village était entièrement dédiée à la culture de ce sel de terre, inestimable richesse naturelle. Les habitants du village travaillaient en large partie aux salines.
Au cours des années 1950, la Saline Saint Laurent cessera progressivement son activité pour fermer dans le début des années 60.
Toujours en activité depuis ses débuts en 1871, la saline Sainte Marie se nomme aujourd’hui Saline d’Einville. Peu après sa création, la production atteint 7000 tonnes de sel par an.

En 1922, la Saline adhère au nouveau mouvement des Coopérateurs de France. Cela marque un éloignement avec les autres producteurs de sel, et lui assure les débouchés commerciaux. La saline compte alors 50 employés. En 1950, ce chiffre montera jusqu’à 130 salariés qui œuvrent à la production ou à l’ensachage manuel du sel.

A partir des années 1980, le démantèlement du groupe des Coopérateurs place la Saline d’Einville dans de grandes difficultés, du fait de la perte d’une grande part de sa clientèle.
A la fin des années 80, un changement de Direction et une nouvelle stratégie interviennent, ramenant une stabilité financière. Les investissements lancés permettent d’assurer une production de sel plus importante et optimisée.
Les deux décennies suivantes renforcent la position de la Saline d’Einville sur le marché du sel de table et de traitement de l’eau, avec près de 28 000 tonnes de sel produits par an.

Aujourd’hui, ces gisements de sel donnent toujours leur précieux or blanc ! C’est ainsi qu’à Einville, dans un écrin caché à 200 mètres sous terre au cœur d’un site préservé de toute pollution, se forme un sel infiniment pur qui est la mémoire de notre terre et de nos origines.

Dernière saline indépendante, Saline d’Einville puise sa force de son héritage en perpétuant les gestes méticuleux de ses aïeux. Tels de véritables artisans du sel, les Maîtres Saliniers récoltent cet or blanc avec passion.